dimanche 30 avril 2017

Tous en vert !

Le muguet est déjà presque fané chez nous, il a fleuri vers la mi-avril !
Alors pour vous souhaiter à tous un joli mois de Mai voici quelques habitants du jardin , tous en tenue printanière :un joli vert !
Rainette méditerranéenne dans la végétation

Commençons par un de ces jolis mâles de rainette méditerranéenne. La saison des amours est presque finie, seuls quelques enthousiastes continuent le soir d’appeler de leur voix sonore les compagnes. La plupart ont déjà joué leur rôle et n’aspirent plus qu’à la tranquillité dans la végétation.
Celui-ci était vraiment caché dans les herbes à 30 cm du sol dans un endroit où je ne les vois pas souvent car chacun dans ce jardin a ses coins préférés où, jour après jour je peux les retrouver !
Barbitistes fischeri sur feuille de campanule

Et j’ai vu dans ce coin humide du jardin de nombreuses jeunes sauterelles de la famille des Barbitistes. Ceux qui vivent dans le jardin sont des Barbitistes fischeri ( voir ici ce qu’ils seront devenus dans 2 mois !)
Chacun choisit un support en général aussi vert que lui pour passer la nuit et être tranquille.
Une feuille de campanule pour celui ci-dessus..


                    Les jolis dentelles de l’armoise pour celui-ci



                    Ici sur les feuilles du radis maritime, on est mieux caché!



             Et un original qui a choisi un décor flamboyant , une rose!


Psilothrix viridicoerulea sur renoncule


Et voici un visiteur régulier qui arrive en cette saison, Psilothrix viridicoerulea, il fréquente les fleurs diverses dans nos prairies. Sa jolie couleur vert métallique le rend bien visible.

Un joli mois de Mai à tous!

mercredi 26 avril 2017

Libellula depressa : une jolie rencontre dans le jardin.


En nettoyant un carré de framboisiers je jette un œil sur les herbes voisines : je coupe ou je les laisse ?
Et je la vois : une jolie libellule déprimée accrochée à un de ces brins d’herbe que je souhaitais réduire. Je lui ai conseillée de ne pas bouger et je suis allée chercher mon appareil photo !
Libellula depressa, femelle  à l'abri dans les grandes herbes.

Elle n’avait pas bougé et nous avons fait une petite séance, la dame était très compréhensive. Il faut dire que c’était le soir et elle souhaitait sans doute passer la nuit dans ce coin très herbeux où elle était peu visible.
Libellula depressa, femelle   des ailes hyalines à la base sombre

Nous sommes fin avril c’est donc un sujet jeune, on le voit à sa pilosité bien intacte.
Libellula depressa, la pilosité longue et claire sur le pronotum

Libellula depressa se reconnaît aisément. La femelle a l’abdomen  bien large, ocre avec des lunules  jaunes sur les côtés des différents segments(le mâle bleuit en vieillissant)
Libellula depressa, détail de la base des ailes

Ce sont les ailes qui permettent de l’identifier. On voit une tache noire sur la base de chaque aile.
Libellula depressa, un joli sourire avec une pilosité courte et des antennes brèves.

C’est une libellule pionnière, elle  n’est pas difficile elle colonise des eaux stagnantes ou faiblement courantes, mares, talus, étangs…et même les petites pièces d'eau des jardins!
Elle se rencontre au printemps partout en France et en Europe.
Libellula depressa,  selon l'angle de vue la pilosité longue du dessus du pronotum est occultée au profit de celle des côtés,courte et noire!

Aujourd’hui après une matinée pluvieuse, le soleil est revenu et j’ai revu ma jolie dame libellule dans le même coin du jardin, mais cette fois, bien réchauffée elle ne m’a pas attendu.
Libellulla depressa dans toute sa splendeur!

 Avec le soleil elle recharge ses batteries et retrouve toute sa vélocité, ce qui n’était pas le cas hier soir !
C'est le début de la saison pour cette belle libellule qui est visible jusqu'à la fin du mois d'août en général. Belles observations!

samedi 22 avril 2017

Andrena agilissima, une abeille femelle en noir et blanc!

Il est rare qu’une abeille se laisse « attraper » en plein butinage.
Andrena agilissima femelle( pattes arrières destinées à la récolte du pollen)

Celle-ci, que j’avais vue à plusieurs reprises dans le jardin sans arriver clairement à la déterminer , est rentrée paisiblement dans le pot  que je lui proposais, sans doute voulait-elle avoir son portrait sur le blog.
Andrena agilissima un collier de poils blancs derrière la tête(flèche)

Ensuite ce ne fut pas chose facile car la dame, c’est bien une abeille femelle, porte bien son nom d’Andrena agilissima !
Les abeilles du genre Andrena se reconnaissent  à :
  •          une nervation ailaire particulière:  3 cellules cubitales( la seconde plus petite que les 2 autres) et une nervure basale à peine arquée.

Détail de l'aile: 3 cellules cubitales (en rouge), celle du centre plus petite et une nervure basale presque droite(flèche)On voit par dessous l'aile postérieure.

Il y en a 153 espèces en France.

Ensuite  une autre caractéristique est bien visible : chez la femelle, pour récolter le pollen, la dernière paire de pattes a des poils très denses et en plus une brosse de poils bouclés à la base de ces pattes(le flocculi).

Andrena agilissima  détail des pattes postérieures avec la brosse à pollen  et le flocculi.

Puis cela se complique, mais parmi les abeilles noires à poils blancs, quelques détails nous confortent dans la détermination d’A. agilissima.
  •          L’abdomen est glabre, on y voit des reflets bleus (difficiles à rendre en images)avec quelques poils blancs latéraux sur les derniers tergites.
Andrena agilissima  détail de l'abdomen avec ses quelques poils latéraux.

  •          le thorax est glabre avec quelques poils blancs sur les côtés. (Il existe une autre espèce avec un thorax poilu!)
Andrena agilissima  solidement campée!

  •         les ailes fortement fumées avec des reflets bleus.
  •         taille environ 15mm
Andrena agilissima  Tête avec une belle pilosité bien blanche entre l'oeil et l'antenne.


  • une pilosité blanche sur la face entre les antennes et les yeux.  
  •   oligolectique sur Brassicaceae ,  la femelle ne butine que sur ces plantes.


C’est une abeille précoce visible d’avril à juin, dans toute la France et depuis l’Espagne à l’Italie et le centre de l’Europe ainsi qu’en Afrique du Nord.
Il suffit parfois d'observer les fleurs des plantes de cette famille qui va des radis aux giroflées, moutarde,  navet ou colza en fleurs, bien sûr!



  

mardi 18 avril 2017

Un joli bijou trouvé sur les cistes : Colaspidea (oblonga probablement ou globosa?).



Dès le mois de mars, j’ai trouvé ces tout petits coléoptères sur des bruyères arborescentes puis sur des cistes.
Colaspidea sp. , joli chrysomèle des cistes ou des bruyères**

 Le plus grand faisait à peine 5mm. Une belle pilosité blanche cache partiellement  des  téguments couleur bronze doré. Antennes et pattes sont rousses.
J’ai eu du mal à voir la tête et les yeux tant l’insecte la tient perpendiculaire au thorax.
Colaspidea sp. ,une belle pilosité blanche**

Il fait partie de la grande famille des Chrysomelidae, les chrysomèles coléoptères phytophages, qui pour la plupart sont inféodés à une plante en particulier. La couleur et la forme arrondie voire globulaire  orientent vers les Colaspidae. Mais il en existe deux très similaires et j’ai trouvé peu de critères les différenciant.
Colaspidea sp.,des dessous roux!**

Gaëtan du Chatenet décrit  Colaspidea globosa et le donne pour peu fréquent dans les zones méditerranéennes.
Colaspidea sp.,détail des antennes.**

Colaspidea présente des antennes dilatés à partir du  7éme article, le premier étant renflé, visible quand l’insecte en prend soin ! Le pronotum est très arrondi, régulièrement ponctué, et très finement rebordé à la base.
Colaspidea sp.,détail du pronotum et des élytres finement rebordés.**

Les élytres présentent le même aspect, la base finement rebordée.
Colaspidea sp.,nettoyage des antennes.**

Le peu d’informations que j’ai trouvées indiquent la présence d’un calus huméral pour C oblonga et Gaëtan  du Chatenet* parle d’épaules effacées pour C globosa. C’est là que les identifications sur photos trouvent leur limite. Il faudrait pouvoir comparer des individus clairement identifiés par des spécialistes.
Colaspidea sp.,bye bye!**

Néanmoins en se contentant de la famille où les espèces sont peu nombreuses ( en France on trouve principalement C.globosa, et C. oblonga ) on peut avoir le plaisir de nommer ces petits locataires des cistes, romarins, bruyères et des chênes kermès. Ils sont présents de mars à mai.
*Gaëtan  du Chatenet :Coléoptères phytophages d'Europe
** Photos grossies entre 3 et 5 fois

mercredi 12 avril 2017

Gastrodes grossipes: une punaise extra-plate!

Voilà une punaise au look particulier. Elle est couleur noire et lie de vin. On la trouve sur les pins, en particulier ceux qui portent des vieux cônes. Elle est si plate qu’elle est capable de se glisser entre les écailles des cônes pour y passer l’hiver à l’abri. Elle est facilement reconnaissable.
Gastrodes grossipes, la punaise extra-plate!*

 Il en existe seulement deux que l’on peut confondre. Voici quelques détails qui la caractérisent.
Elle fait partie de la famille des Lygaeidae dont les antennes sont formées de 4 articles. Leur tête triangulaire porte des ocelles.

Gastrodes grossipes, mesure entre 5 et 7,5 mm*

Le connexivum unicolore comme les parties attenantes de l'abdomen sont rouge sombre,  tandis que la tête, le scutellum et la partie antérieure du pronotum  sont  noirs.
La tête n’est  pas plus longue que large, le corps très déprimé dorso-ventralement, élargi  en arrière, ponctué en-dessus, le  connexivum non redressé.  Les yeux  sont peu éloignés du bord antérieur du pronotum. Le pronotum  est en forme de trapèze. 

Gastrodes grossipes, détail des fémurs antérieurs dentelés.*

 La  première paire de fémurs porte des petites dents. C’est sur ces dents que se différencient mâle et femelle : les mâles n’ont qu’une rangée de petites dents avec une épine plus grande près du tiers proche du tibia, les femelles possèdent deux rangées de denticules et aussi cette épine.

Gastrodes grossipes, vue ventrale.*

Deux punaises de la famille des Gastrodes se ressemblent. G. grossipes, notre sujet, et G. abietum.
Gastrodes grossipes, le premier article des antennes dépasse largement le clypeus*

G. abietum se reconnaît à l’article I de l’antenne qui ne dépasse pas le clypeus et aux bords du pronotum  éclaircis. G. abietum est lié aux sapins et aux pins.

Gastrodes grossipes, les bords du pronotum sombres.*


L’une et l’autre vivent en  presque partout en Europe, là où se trouvent des  cônes de pins et de sapins, sur les arbres ou au sol, dont elles ponctionnent les graines.. Les  insectes adultes sont actifs maintenant, les pontes ont lieu jusqu'à fin juin.Et la nouvelle génération hivernera  pour recommencer le cycle.

Infos disponibles dans J. Péricart: Lygaeidae, Faune de France 84, disponible sur le net.
* images grossies entre  2 et 3 fois.